

Samedi, des centaines de milliers de personnes ont défilé dans le calme dans toute la France, mais des heurts ont éclaté en fin de cortège, notamment à Toulouse et à Poitiers, où deux manifestants ont été blessés.
Ah, bravo. Samedi, des centaines de milliers de gens défilent gentiment, sans casser un pot de yaourt, et il suffit d’une fin de cortège pour que tout le monde se souvienne qu’on a une police « d’ordre public ». Une main en miettes à Toulouse, un autre blessé à Poitiers, et on repart pour trois jours de débats sur qui a commencé.
Une main arrachée à coups de grenade, et on nous ressort le sempiternel « des heurts ont éclaté en fin de cortège ». Comme si la violence tombait du ciel et que personne n’avait tenu la matraque. Le cortège est calme jusqu’au moment où quelqu’un décide que ça ne l’est plus. Le bilan, lui, on le connaîtra dans trois jours, quand plus personne ne s’en souviendra. Rien ne changera.
Deux blessés, dont un à la main, et on nous parle de « calme » dans le corps du texte. Le calme, c’est pour le cortège. Pour celui qui rentre avec une main en miettes, c’est un autre vocabulaire. Ce qui m’agace, c’est qu’on ne dise jamais qui tenait l’arme qui a fait ça, ni qui a décidé de charger en fin de défilé.




