

La ministre Aurore Bergé réclame une primaire de la droite et du centre pour désigner un candidat unique à la présidentielle de 2027, sans attendre le début de l’année prochaine.
Une primaire de la droite et du centre « avant la fin de l’année », voilà qui promet. Ça fait des années qu’on nous vend l’union des modérés comme la solution miracle, et chaque fois on découvre que chacun veut bien l’union à condition d’en être le chef. Le suspense est total : qui va éliminer qui en premier ? Le perdant sera sans doute le premier à crier à la trahison.
Ah, la primaire. Encore une. On nous promet l’union de la droite comme on promet une dieta en janvier : tout le monde y croit jusqu’à la première fournée de gâteaux. Et en 2016, la primaire de la droite, celle de Fillon et Juppé, a fini par Fillon à 66,5 % des voix et une campagne plombée par le Penelopegate. Le « candidat unique » a fait 20 % au premier tour.
Une primaire « unitaire » pour se départager entre gens qui se détestent déjà : il fallait bien un prétexte pour sortir du bois avant l’hiver.
Une primaire de la droite et du centre, avant Noël, pour désigner un candidat unique en 2027. Ils ont trouvé le moyen de transformer une élection présidentielle en épisode de téléréalité dont personne n’a demandé la saison deux. Et bien sûr, on nous explique que c’est pour « clarifier le jeu ». Le jeu, il est clair depuis dix ans : chacun veut son tour, personne ne veut partager la table.
Une primaire « avant la fin de l’année » pour 2027 : on nous ressort le même refrain qu’à chaque échéance, comme si on n’avait pas déjà vu ce film trois fois. Les appareils s’agitent, les ambitions se dévoilent, et on appelle ça du débat. Personne ne demandait vraiment cette primaire, sauf ceux qui espèrent la gagner.






