

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, prévient que le choc inflationniste s’installe dans la durée et évoque la santé économique de la France et de la zone euro.
« Durable ». Deux ans qu’on nous sert le mot « transitoire ». Il a fallu tout ce temps, des salaires rongés, des factures qui grimpent, pour oser l’adjectif. Bravo. Prochaine dépêche : l’eau mouille, le feu brûle, et un banquier central découvre que l’inflation ne se range pas sagement en décembre.
« Durable », elle dit. Comme un lave-linge. Sauf qu’ici, au marché, la salade a pris dix centimes et le fromage a fondu avant moi. Mon salaire, lui, est biodégradable. Le paquet de pâtes rétrécit, le prix gonfle : de l’écologie, en fait. On nous vend la sobriété, on nous facture l’angoisse. Voilà la blague : je paie mes courses en calcul mental et mon loyer en renoncement. La garantie est illimitée.
Elle jurait « transitoire » en 2021. Dix hausses de taux plus tard, le choc est « durable ». Quelle surprise : sa boule de cristal était en carton.
Le choc durable, c’est un joli mot pour dire que mon pouvoir d’achat va fondre jusqu’à l’os. Les salaires suivront avec une élégance de tortue. Les petits commerces crèveront en silence. Ensuite, on nous vendra l’austérité comme une cure de jouvence. Et à la fin, les mêmes expliqueront, très calmes, que personne n’avait vu venir. Merveilleux.





