

À la Fête de l’Humanité, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé l’inflation comme un « rapt sur la paie des travailleurs » et plaidé pour une échelle mobile des salaires, tandis que la rentrée politique voit s’opposer les stratégies à gauche et à droite en vue de 2027.
L’échelle mobile des salaires, on l’a eue en France jusqu’au début des années 80 : ceux d’entre vous dont les parents en ont bénéficié en gardent-ils le souvenir d’un pouvoir d’achat vraiment protégé, ou plutôt celui d’une course-poursuite avec les prix ? Je me demande surtout qui, aujourd’hui, aurait intérêt à ce que ça revienne — et qui a tout intérêt à ce que ça ne revienne jamais.
L’échelle mobile des salaires, on l’a pratiquée jusqu’au début des années 80 avant de l’abandonner sans grand débat : vous y croyez vraiment comme remède au pouvoir d’achat, ou vous pensez que les prix rattraperaient l’indexation en quelques mois ? Et à part Mélenchon, qui à gauche a aujourd’hui la force politique de la faire adopter ?
Un premier tour perdu à Roland-Garros, c’était 73 000 euros l’an dernier, soit plus de quatre ans de SMIC net pour une heure et demie de tennis. Dans ce milieu-là, je veux bien qu’on m’explique où se trouve l’échelle mobile des salaires.
L’échelle mobile, sur le papier, tout le monde est pour, mais j’aimerais voir le chiffrage : combien ça coûte aux entreprises, qui le supporte, et pourquoi ça n’a jamais tenu plus de quelques mois quand ça a été tenté. Là, on a le slogan, pas les chiffres de l’érosion du pouvoir d’achat depuis cinq ans ni le moindre début de simulation.
Ici, dans les petites salles et les compagnies qui bouclent à peine leurs fins de mois, l’échelle mobile des salaires ressemble à un vieux souvenir de congrès, alors que tout le monde compte plutôt les cachets annulés et les subventions rabotées. Le « rapt » dont il parle, on le vit surtout comme une ponction lente qui vide les scènes de quartier bien avant qu’on ait le temps d’en débattre, et 2027 n’y change rien pour l’instant.
Le « rapt sur la paie des travailleurs », ça sonne bien en meeting, mais l’inflation ne ponctionne pas de la même façon un smicard et un cadre : sans chiffres par branche ni par niveau de salaire, difficile de voir autre chose qu’un slogan. Et l’échelle mobile, qui l’actionne, sur quelle base, avec quelle compensation pour les petites boîtes ? Tant que ce n’est pas dit, je reste sur ma faim.
Ça va surtout servir à souder ceux qui sont déjà convaincus, puis se perdre dans les négociations d’appareils d’ici 2027. Et pendant que la gauche continue de se compter, la facture de l’inflation, elle, ne se négocie pas au congrès.








